Adoption de l'article 1er de la "refondation" de l'Ecole : une mesure significative d'un texte vide sur l'essentiel, et à contre-sens sur le reste.
L'article 1er de la loi de "refondation" de l'Ecole vient d'être adopté : il crée 60 000 fonctionnaires de plus. Cette mesure est significative d'un texte qui, pour l'essentiel, ne propose rien et, pour le reste, va dans le mauvais sens. Elle ne s'attaque en rien aux difficultés de l'Ecole.
Le projet de loi de Vincent Peillon est creux, sans vision, sans autre souffle que celui du renoncement. Ses seules mesures fortes sont un succédané du passé, reposant sur une vision purement quantitative de l'Ecole.
L'article 1er de la loi l'illustre. Il repose sur un postulat qui est faux, selon lequel « plus de profs = de meilleurs résultats ». Créer 60000 postes ne changera rien : au mieux, c'est une goutte d'eau dans un océan de dépenses. Au pire, c'est une fuite coupable devant les vraies questions qui se posent à l'Education nationale. Pendant 30 ans, le nombre d'enseignants a augmenté, le budget a explosé et les résultats se sont affaiblis. A notre niveau de dépense, ajuster les quantités ne sert à rien ! Pire, personne ne verra réellement la différence ! 7000 enseignants de plus en 2013, pour plus de 200000 classes de primaires, qu'est ce que cela peut réellement changer ?
L'article 1er de la loi est à l'image du texte intégral : c'est une coûteuse mascarade politique destinée à contenter des syndicalistes sclérosés. Ce n'est, en rien, s'attaquer aux difficultés de l'Ecole et aux besoins des élèves :
- S'il avait eu une réelle ambition, Vincent Peillon aurait redéployé les moyens au lieu de les multiplier : il aurait revalorisé les salaires des enseignants et fait évoluer leur métier ; il aurait mis réellement le paquet sur l'Ecole primaire. Au lieu de cela, il s'interdit d'augmenter les rémunérations des enseignants et propose quelques miettes de pain à l'école primaire.
- S'il avait eu du courage politique, Vincent Peillon aurait changé le fonctionnement de l'Ecole, en permettant à chaque établissement de mettre en œuvre une gestion de proximité, à la fois dans les équipes et dans la pédagogie. Au lieu de cela, il cède aux centrales syndicales.
- S'il s'était intéressé aux élèves, Vincent Peillon aurait fait de l'acquisition des fondamentaux entre le CP et la 5ème sa priorité absolue. Il aurait remis en cause le collège unique et valorisé l'apprentissage. Au lieu de cela, il fonce dans les clichés qui dévalorisent l'alternance et l'apprentissage, sans donner à l'Education les moyens de répondre aux projets de chaque élève.
L'article 1er de la loi de la refondation de l'Ecole est bien à l'image de l'ensemble du texte : inutile et verbeux quand il n'est pas néfaste, sans autre ambition que satisfaire quelques apparatchiks du ministère, dans la préoccupation unique de sauver le soldat Peillon contesté de toutes parts, plutôt qu'à sauver notre Ecole.