UNE SEREZINOISE ENTRE FOURCHETTE ET CRAYONS
A l’aise aux fourneaux, Thérèse décompresse en dessinant / Photo Jocelyne Gonfalone
La quarantaine épanouie, Thérèse, restauratrice à Oullins, a plus d’un tour dans son tablier de cuisine. Maniant la cuillère en bois comme pas deux, elle passe son temps libre à s’essayer au dessin, à l’art du pastel plus précisément.
>> Quel rapport entre la cuisine et la peinture ?
Aucun, bien sûr. Si ce n’est que dès mon plus jeune âge, j’ai toujours dessiné. Dès que j’ai pu tenir un crayon. Mais je n’ai pas pu exploiter plus ce désir, car il fallait que je travaille assez jeune. Je reconnais que je n’étais pas très douée à l’école. La cuisine, c’est venu comme ça, presque par hasard et ça m’a plu.
>> Comment arrivez-vous à concilier votre travail très prenant et votre passion ?
C’est très difficile. D’autant plus que je suis mariée, j’ai deux enfants, et comme toutes les femmes, je jongle avec toutes les casquettes. J’ai ce restaurant à Oullins depuis 4 ans et je ne vois pas le temps passé. Néanmoins, je m’arrange, j’emmène mon matériel avec moi, une magnifique boîte à crayons gras pour le pastel offerte par mon époux et dès que le coup de feu se calme, je dessine. Le matin, après avoir mis en train mon plat du jour, je me mets dans un coin pour travailler. L’après-midi, je suis sur une table du restaurant, les clients viennent voir me donnent leur avis, quelque fois ils m’observent sans rien dire.
>> Que faites-vous de vos œuvres ?
En fait, la salle du restaurant est décorée par mes tableaux, beaucoup de gens ne savent pas que c’est moi qui les peins, certains me demandent si les tableaux sont à vendre. Je le fais volontiers, ça me fait plaisir que cela plaise à du monde. J’ai fait quelques marchés de la création ; mais c’est quand même mon travail en cuisine qui prime. Le dessin, c’est pour me calmer, ça me déstresse, c’est comme une seconde nature. L’autre fois, je me suis surprise à dessiner avec mon stylo sur un ticket de carte bleue. Je n’ai pas de style bien précis, je pars d’une photo, d’une carte postale, d’un paysage vu pendant les vacances, je m’inspire de ce que je vois ou alors je laisse courir mon imagination.
>> La peinture à plein-temps, ça sera pour la retraite ?
C’est de toute façon omniprésent dans ma vie, plus tard j’espère pouvoir prendre des cours pour apprendre des techniques qui me manquent, surtout pour faire de la peinture à l’huile.
Note : les œuvres de Thérèse sont visibles ‹‹ A la Fourchette gourmande ››, 47, rue Pierre-Sémard, Oullins